Farcebook : les réseaux sociaux

Lorsque le président Eisenhower quitta ses fonctions, il fit un discours d’adieu qui soulève encore des questions de nos jours :

President Dwight Eisenhower farewell address

  • Qu’est-ce que le complexe militaro-industriel ?
  • Pourquoi un général s’étant illustré durant la Seconde Guerre mondiale s’inquiète au sujet de ce complexe ?
  • Mais surtout, qu’est-ce qu’un citoyen alerte et responsable ?

À la fin de la Seconde Guerre mondiale, les États-Unis sortaient triomphantes : avec ses alliés, elles avaient défait les forces de l’Axe en Europe, le Japon dans le Pacifique, possédaient la bombe atomique, son économie roulait à plein régime et elles bénéficiaient de nombreuses innovations. Elles se percevaient comme les leaders du monde. Puis, les Soviétiques firent sauter leur première bombe atomique en 1949.

Puis, ils réussirent à mettre en orbite un satellite en 1957.

Soudain, le leadership américain était menacé. Les conseillers du président Eisenhower l’incitèrent à créer une agence destinée à garder l’avance technologique des États-Unis. Il signa la directive 5105.15 le 7 février 1958. ARPA était née. Destinée à assurer une domination technologique des États-Unis sur tous ses ennemis, elle a longtemps agit en secret alors que ses effets étaient de plus en plus visibles.

ARPA a été largement sollicitée durant la guerre du Vietnam. C’est à elle que nous devons l’agent orange, un défoliant devant anéantir la jungle où se terrait « l’ennemi ».

À la fin du conflit, le nom Advanced Research Projects Agency s’est vu ajouté un D pour Défense afin de souligner l’aspect militaire de l’agence. DARPA est l’image même du complexe militaro-industriel. Et il est omniprésent dans nos vies. Internet, le GPS et Facebook sont tous des projets issus de DARPA. Si vous croyez qu’un étudiant de Harvard a inventé cette plateforme dans sa chambre de résidence, vous croyez à un conte de fée. Mais posez-vous cette simple question : utiliseriez-vous une application développée par les militaires et contrôlée par le renseignement ?

Au début du XXIe siècle, DARPA se mit à développer le projet LifeLog dont le but était d’enregistrer toutes les informations sur un individu : relations, préférences, activités. Cette idée était déjà caressée dans les années 1970s, mais ce n’est qu’avec internet et l’avancement de la technologie qu’elle put être réalisée. Lorsque le projet a commencé à attirer l’attention du public, le projet fut arrêté, le 4 février 2004, le jour même de la création de Facebook. Coïncidence ?

Lorsque nous constatons la quantité de cadres et d’investisseurs ayant des liens avec la défense et le renseignements, il ne s’agit plus de hasard :

  • Sean Parker : investisseur initial, co-fondateur de Napster, hacker qui a eu des démélés avec la justice alors qu’il était mineur et que la CIA a tâché d’engager. Bien qu’il le nie, plusieurs croient qu’il est un agent.
  • Peter Thiel : investisseur hâtif ayant un parcours intriguant. Il est informateur pour le FBI.
  • Joel Kaplan : Directeur du personnel de la Maison Blanche de George W. Bush.
  • Marne Levine : Elle occupa plusieurs postes importants, notamment conseillère économique d’Obama. Son beau-père fut le directeur de la CIA.
  • Max Kelly : directeur de la sécurité informatique chez Facebook qui a quitté son poste pour travailler à la NSA.
  • Regina Dugan : Ancienne directrice de (roulement de tambour) DARPA.

Regina Dugan chapeautait au sein de Facebook les projets de l’édifice 8. Dans celui-ci, l’entreprise mélangeait réseaux sociaux, neurologie et robotique dans une perspective militaire.

Ces dernières années, les révélations au sujet de Facebook pullulent : d’exploiter les faiblesses de la psychologie humaine à être néfaste pour les adolescents en passant par faciliter le trafic d’êtres humains. Ce n’est qu’une question de temps avant que cette entreprise disparaisse du paysage. Reste que l’appel du président Eisenhower reste : les citoyens doivent demeurer alertes et responsables face à un complexe militaro-industriel qui veut son asservissement. Facebook en est un bon exemple.

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