Nous sommes en cyberguerre. Ne cherchez pas dans les médias, ils font de la propagande comme dans 1984 et ne veulent surtout pas que vous preniez conscience de ce qui se passe. Vous fiez aux médias pour comprendre le monde c’est comme vous fiez à un curé pour comprendre la Bible : vous aurez son interprétation (erronée). L’armée, les agences de renseignement, les groupes criminels ont investi internet. Pendant que les gens l’utilisent, ceux-ci font leur gué-guerre. L’espionnage est massif : tout le monde le subit. Les outils déployés sont sophistiqués : nous avons un échantillon avec stuxnet et les autres outils développés par la CIA. Il suffit de faire un tour sur les réseaux sociaux pour avoir une idée de la guerre de l’information qui s’y joue. La haine est à son paroxysme. Dans un tel contexte, une affirmation comme celle d’Arten :
En fait, l’un des plus gros problèmes auxquels l’espèce humaine devra faire face en ce siècle, ce sera le piratage informatique organisé par des criminels et des gouvernements.
Gary Renard, Les vies où Jésus et Bouddha se connaissaient, p. 181
n’est guère surprenante. C’est l’une des motivations pour la création de ce blogue, pour éduquer les gens, les outiller pour reprendre le contrôle.
Ce n’est pas la cyberguerre qui m’intéresse, mais la cyberpaix. La cyberpaix n’intéresse pas les acteurs d’internet, ni les médias. Ceux-ci s’intéressent à la peur. Moi, c’est son opposé qui m’intéresse. Internet devrait permettre de rapprocher l’humanité, lui permettre de se rendre compte que peu importe où nous nous trouvons sur la planète, nous nous ressemblons davantage que nous sommes amenés à le croire. Nous sommes confrontés à de nombreux problèmes, mais internet est un outil formidable pour tâcher de les résoudre. Cela s’est avéré à de nombreuses reprises, que ce soit pour conscientiser, pour obtenir des informations sur ce qui se passe dans le monde par des acteurs qui vivent ces situations, pour mener des révolutions parfois. C’est pour cela qu’internet fait si peur à ceux qui ont le pouvoir. Les gouvernements font tout pour le contrôler.
Comment retirer le pouvoir technologique trop grand des mains d’organisations mal intentionnées, incluant les gouvernements ? Si les gouvernements travaillaient pour le peuple, ils s’assureraient de son bien-être, de sa liberté et de sa paix. Le gouvernement du Québec vient d’adopter avec un bâillon une loi sur la laïcité. Le gouvernement fédéral va de l’avant avec un projet de pipeline. En quoi ces gouvernements travaillent-ils pour le peuple ?
Une architecture centralisée est conçue pour assurer le contrôle. Même si ceux qui l’établissent n’ont pas cet objectif, tôt ou tard des gens vont l’utiliser à cette fin. Nous avons des banques centrales, des gouvernements centraux, des services gérés de manière centralisées, etc. Si nous voulons favoriser le peuple et la liberté, nous devons avoir une architecture décentralisée, distribuée. Système monétaire distribuée, comme la monnaie locale. Un gouvernement de proximité, favorisant la démocratie participative et directe. Une production locale et distribuée des services et le partage de ceux-ci. Il devient alors difficile pour une autorité d’exercer un contrôle et une répression. De plus, un système distribuée est plus résistant : si une source ou un réseau se brise, il existe d’autres sources et d’autres réseaux. C’est la différence entre avoir une panne électrique qui affecte tout un quartier versus une panne pour un seul foyer.
Le problème avec la technologie en général et internet en particulier est que les gens ne la comprennent pas. Ils donnent alors tout le pouvoir à un organisme central comme les fournisseurs internet, Facebook, Google, qui en abusent. Mais ce pourrait être autrement.
Imaginez qu’au lieu de dépendre d’Hydro-Québec pour votre énergie, vous pouviez la produire vous même. Ce n’est pas uniquement pour éliminer une facture; vous devrez comprendre comment l’énergie est produite, comment vous la consommez. Vous devrez devenir actif et intelligent, au lieu d’être passif et stupide. Il y a également un énorme avantage à la production locale : vous ne dépendez plus d’une grosse infrastructure faillible. Et si le fait qu’il vente, qu’il y ait du verglas, que le niveau des rivières soit bas, vous indifférait ? Produire une énergie libre donne du pouvoir et de la liberté au peuple. Si le gouvernement travaillait pour celui-ci au lieu de pour lui-même, ce devrait être une de ses priorités.
Transposons le tout à internet. Le piratage est une menace réelle parce que les infrastructures sont complexes, centralisées et peu sécuritaire. Et si internet adoptait une approche de réseau maillé plutôt que centralisé autour de fournisseur internet ?
Il faudrait en premier cesser d’utiliser des appareils peu sécuritaires contrôlés par un tiers (Microsoft, Google, Apple). Intel ne cesse de démontrer sa préférence pour le profit au lieu de la sécurité. La production de processeur n’est certes pas démocratisée. Mais nous pouvons adopter des processeurs plus ouverts, comme l’architecture ARM, et les faire produire dans des usines de confiance. Puis, utiliser un système d’exploitation libre et ouvert, donc il est possible d’étudier le fonctionnement.
Une compagnie, créée après une campagne se sociofinancement, s’est donnée comme objectif de produire des ordinateurs sécuritaires et ouverts pour le grand public :

Elle va également sortir un téléphone sur les mêmes principes.
Si les Québécois veulent être libres, ils vont devoir avoir une compagnie similaire et ne plus dépendre de fournisseurs étrangers, et compromis, pour leurs besoins informatiques.
Contrairement aux siècles précédents, les gens ont maintenant accès aux moyens de production et de distribution. Ce n’est pas pour rien que l’État tâche tant de contrôler internet. Il lui fait peur. Avec un réseau maillé plutôt que centralisé, il lui sera impossible de le contrôler. Pensez BitTorrent et Blockchain. Imaginez qu’une fois connecté votre appareil fasse partie d’un flot de données, comme un poisson dans une rivière. Il pourrait émettre et recevoir, sans passer par un intermédiaire comme Videotron, Bell, Google, Facebook.
Nous pouvons envisager un réseau social où l’information que vous partagez est encryptée et que seuls vos amis puissent la décrypter. Ce ne sera plus un outil de collecte de données comme présentement, mais un outil d’échange, comme il devrait être. Il existe déjà le réseau Diaspora, qui utilise un réseau distribué et sécurisé. C’est ce genre de système que les gens devraient utiliser plutôt qu’un système monolithique comme Facebook. Espionner ou censurer un système distribué est plus difficile qu’un système centralisé.
Bien sûr, les gens devront apprendre à cohabiter, mais comme dans la vraie vie. Puis, si nous éliminons tous les acteurs générés par ceux qui veulent tout contrôler, cet internet sera plus paisible que l’actuel. Car une bonne part du chaos actuel vient des agences du renseignement et de ses filiales comme Twitter, Facebook et Google. Sans eux, le calme reviendra.
Et quand est-il des services, comme le courriel ? Et si au lieu de nous fier à une entreprise californienne pour ceux-ci, nous créerions une coopérative locale. Nous cotisons ensemble pour mettre en place l’infrastructure nécessaire et créons du même coup des emplois et de la richesse locale.
En reposant sur des standards et des logiciels libres, il sera possible d’interagir à la grandeur de la planète et de travailler ensemble pour améliorer le tout. C’était le but initial d’internet, avant qu’il ne soit détourner par le gouvernement et les entreprises privées. Il serait temps de reprendre les choses en main. Ce ne sera pas toujours facile. Nous devrons apprendre à travailler ensemble. Mais c’est ainsi que l’humanité pourra se développer et apprendre à devenir davantage en paix.
Une réflexion sur “Cyberpaix”
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